Colloques

1) Alfred Loisy dans l'histoire de l'exégèse biblique et des sciences des religions
Colloque de l'IRSB

Institut Suisse de Droit Comparé
Université de Lausanne
16 et 17 juin 2011
2) Demi-journée d'études à l'occasion du centenaire
de l'élection de Loisy au Collège de France


Avec le soutien de la Fondation HUGOT du Collège de France
Collège de France - Paris
2 octobre 2009
3) Histoire et vérité : Alfred Loisy à l'épreuve du temps
Société Internationale d'Etudes sur Alfred Loisy

Châlons en Champagne
3 et 4 octobre 2003
4) Autour d'un petit livre: Alfred Loisy, cent ans plus tard
Ecole pratique des hautes études - sous le patronage du collège de France
Institut européen en sciences des religions
23, 24 mai 2003
5) Séance académique
Institut Catholique de Paris
Lire les textes de Loisy cent ans plus tard
Institut Catholique de Paris
22 mai 2003

Alfred Loisy dans l'histoire de l'exégèse biblique et des sciences des religions
Institut Suisse de Droit Comparé
Université de Lausanne
16 et 17 juin 2011

Présentation des communications faites pendant le colloque, en cliquant ICI


Demi-journée d'études à l'occasion du centenaire de l'élection de Loisy au Collège de France
Collège de France - Paris - Vendredi 2 octobre 2009
Société Internationale d'Etudes sur Alfred Loisy

La Société Internationale d'Etudes sur Alfred Loisy a déjà, en 2003, participé aux manifestations qui ont accompagné, tant à Paris qu'à Châlons-en-Champagne*, le centième anniversaire de la parution de l'ouvrage capital d'A. Loisy L'Evangile et l'Eglise.
Au mois de mars 2008, avec l'aide de la DRAC et du Conseil régional de Champagne-Ardenne, nous avons commémoré à Châlons et à Ambrières le centenaire de l'excommunication par Rome de l'exégète.
Nous avons exprimé le vœu de marquer, cette année, le centième anniversaire de son élection à la chaire d'histoire des religions du Collège de France.
M. le Professeur Thomas RÖMER, élu cette année à cette même chaire** a favorablement accueilli notre proposition et accepté de patronner dans le cadre des activités de sa chaire une demi-journée d'études.
 

Programme :

14h00: Ouverture par le professeur Thomas Römer.

14h20: Les conditions de l'élection de Loisy au Collège et de son cours inaugural, par Pierre-E. Leroy, président de la Société Internationale d'Etudes sur Alfred Loisy.

15h00: Loisy et les protestants en particulier son collègue Guignebert, par
Frédéric Amsler, Université de Lausanne (Suisse).

15h40: G. Loisy et Bergson : deux itinéraires divergents, par
Ghislain Waterlot, Université de Genève (Suisse).

16h20: Une passion partagée pour la vérité : Joseph Turmel et Alfred Loisy, par
C.J.T. Talar, Université de St. Thomas (USA).

17h: Conclusion et discussion. Présentées et dirigées par Emile Poulat, E.H.E.S.S.

17h30: Collation et partage.

*Voir l'essentiel des communications sur notre site officiel Alfred Loisy
** Il a intitulé cette chaire : "Milieux bibliques" et fait une leçon inaugurale très remarquée le 5 février dernier. On peut en voir la vidéo in extenso, ainsi que tous les cours de cette année sur le site du Collège de France.


Les actes de cette demi journée d'études ont été publiés dans la Revue de Théologie et de Philosophie Vol.142/2010

Cette revue est offerte à tout membre de la Société Internationale d'Etudes sur Alfred Loisy qui en fait la demande. Il lui sera demandé uniquement les frais d'envoi postal

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Histoire et vérité : Alfred Loisy à l'épreuve du temps
Châlons en Champagne - 3 et 4 octobre 2003
Société Internationale d'Etudes sur Alfred Loisy

Intervention de Jacques Benoist, Prêtre, Groupe de recherche du Diocèse de Paris
Alfred Loisy : "Ceux qui ne l'ont pas aimé…."
Les opposants à Alfred Loisy sont légion. Les récents travaux de Claus Arnold les ont fait connaître davantage. Quelques-uns sont donnés à voir : Maurice d'Hulst, Désiré-Joseph Mercier, Jean-Baptiste Lemius, Albert Lagrange, Joseph Lémius, Pierre Batiffol, Maurice Blondel, Jean-Joseph Lahitton et François Veuillot.
D'une façon inhabituelle des mystiques féminines à "phénomènes extraordinaires" leur sont jointes : Adèle Garnier, Edith Royer, Berthe Petit, Hélène Villefranche et Louise Cholet. La plupart dénoncent et font dénoncer par Pie X ce qu'ils appellent "le subjectivisme kantien" de Loisy et proposent "un réalisme thomiste".
Leur rationalisme s'accorde avec celui des psychologues et des historiens aux pratiques objectivistes, mais oublie, de mon point de vue, le rôle du sujet dans la connaissance en général, et le caractère littéraire des témoignages religieux et de la science historique en particulier.
Un petit nombre, Albert Lagrange ou Maurice Blondel, prennent en considération la "subjectivité moderne" et donnent à penser dans la foi.
Résumé de sa contribution au colloque

Intervention de Pierre Burger, Collège de France Télécharger l'intervention intégrale
dePierre Burger

Intervention de Elisabeth Scheele, Chercheuse
Alfred Loisy et la guerre

Son livre Choses passées commence par une vue panoramique du paysage des bords de la Marne où se trouve son village natal, près du théâtre de la bataille de la Marne. Alfred Loisy a évoqué, dans le style sobre et efficace qui est le sien, le lieu de sa naissance : Ambrières, aux bords de la Marne :
La Marne, en sortant de Saint-Dizier, s'infléchit légèrement vers le sud et vient longer le pied des coteaux boisés ou plantés de vignes qui dominent de ce côté le fertile Perthois. (...) Ma maison natale est la dernière du village, un peu à l'écart, faisant pendant à l'église, (...) avec une vue très agréable sur le cours sinueux de la Marne et sur les villages de la vallée... (CP, 1sqq.)

Les Romains ont donné ou au moins fixé le nom de ce fleuve abondant et généralement paisible: Matrona, la mère , la Marne nourricière. Au cours de l'histoire il a marqué souvent des limites. Il a transmis son nom aux premiers grands combats d'une guerre qui fut si meurtrière : la bataille de la Marne.
Ce ne fut cependant pas la première guerre à laquelle le jeune Alfred fut confronté...
La région de la Marne est la terre des ancêtres d'Alfred Loisy, des fermiers qui avaient travaillé d'abord pour une abbaye jusqu'à l'acquisition d'une ferme.
Alfred Loisy a donc vécu la guerre. Il l'a connue par les récits de sa grand-mère qui avait été "fort inquiétée" par la guerre de 1870, ayant connu "les invasions de 1814 et de 1815", mais elle avait été rassurée quand les soldats allemands logés chez elle ne s'étaient livrés à aucune violence. Enfant, il a connu lui-même la guerre de 1870 et a vu défiler les troupes de Napoléon III :

On nous conduisit un jour, vers la fin de juillet, à la gare de Vitry-le-François, pour le passage du train impérial qui conduisait au front Napoléon III. Ce train ne devait pas stationner, mais il convenait que la gare de notre ville ne fût pas déserte quand il la traverserait. Le train ralentit devant la gare ; nous vîmes le souverain à la portière de son wagon ; on cria : "Vive l'empereur !" Je criai comme les autres, selon mon pouvoir, et dans la simplicité de mon ignorance. C'est, je crois, la seule occasion de ma vie où j'ai poussé un cri de signification politique. Celui-là m'est resté dans la gorge.



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d' Elisabeth Scheele



Intervention de Pierre Gibert, Jésuite, rédacteur en chef de la revue "Recherche de science religieuse", professeur émérite (Faculté de théologie, Lyon)
Loisy exégète : l'exemple de la publication des deux éditions du 4e évangile Quels que soient les attendus, les différences et les justifications explicites des introductions aux deux éditions, de 1903 et de 1921, le passage de l'une à l'autre ne se justifie pas seulement par le fait que le premier "commentaire … est depuis longtemps épuisé" et qu'il s'agirait de le "rééditer sous une forme plus brève" (p.5 de l'édition de 1921).
Et les graves événements extérieurs vécus par Loisy comme l'approfondissement de sa recherche et de sa réflexion ne suffisent pas à expliquer les dimensions différentes des deux ouvrages (de 960 à 602 pages). Quelques exemples significatifs devraient permettre d'estimer cette "épreuve du temps" qui, en marquant l'évolution intérieure de l'exégète et sans gêner sa rigueur, dit une autre perception de la "légende évangélique".
Pierre Gibert

Résumé de sa contibution au colloque

Intervention de Frédéric Amsler, professeur à l'université de Lausanne
(Faculté de théologie et de sciences des religions)
 
Pourquoi l'histoire des origines du christianisme proposée par Loisy a-t-elle posé problème ?

1. Introduction

Lieu sensible parce que s'y jouent non seulement des débats historiographiques, exégétiques ou herméneutiques, mais aussi des identités confessionnelles et des légitimations institutionnelles, les origines du christianisme relèvent de la "question biblique" qui a joué un si grand rôle dans la crise moderniste. Comment Alfred Loisy a-t-il reconstruit l'histoire des origines du christianisme, selon quelle méthode, sur fond de quelle théologie et pour quels résultats, tel est le propos de cette contribution. Plus particulièrement, il s'agira d'observer comment Loisy explique la naissance du christianisme.
Pour apprécier l'originalité de Loisy dans le paysage théologique de l'époque, il conviendra de le mettre en perspective et de le situer par rapport aux deux fronts polémiques auxquels il n'a cessé de se heurter, le magistère romain d'une part et la théologie protestante libérale allemande d'autre part. A cet égard, trois lieux sont particulièrement éclairants des lignes de fracture : la méthode d'investigation historique, la christologie et l'ecclésiologie.
Le refus du modernisme et de la pensée de Loisy en particulier, dont témoigne le magistère romain, s'exprime dans le Décret Lamentabili sane exitu du Saint-Office daté du 3 juillet 1907, qui contient 65 propositions rejetées touchant la critique historique en tant que méthode (§ I-VIII) et ses résultats en matière d'exégèse biblique (IX-XIX), de compréhension des dogmes (XX-XXXVIII), des sacrements (XXXIX-LI) et de l'Église (LII-LXV).
Dans les Simples réflexions, Alfred Loisy ne s'est pas privé de démontrer à quel point ce texte romain trahissait sa pensée, mais, sans doute, a-t-il trop personnalisé sa lecture du décret. Notre propos, finalement classique, consistera à montrer que la critique biblique de Loisy est plus modérée que la théologie libérale allemande d'obédience luthérienne et qu'en dépit de sa condamnation, l'auteur de L'Evangile et l'Eglise reste fidèle à une sensibilité théologique romaine.



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de Frédéric Amsler


Intervention de Louis-Pierre Sardella, Université Lumière Lyon 2, Inspection Education Nationale  
Mgr Mignot et la question de la vérité
Ou
Saint Pierre et le catéchisme du concile de Trente


Très au fait des transformations que les progrès de la science provoquent dans les mentalités de ses contemporains, Mgr Mignot est persuadé que chaque génération véhicule son lot de vérités, d'erreurs, de préjugés, de tendances, d'aspirations, de besoins intellectuels qui la différencie des précédentes. L'apologiste doit se prêter à ces exigences et dégager les dogmes de "la poussière épaisse qu'y dépose le mouvement incessant de la vie"
Lecteur de Newman, il est convaincu que la vérité du christianisme ne réside pas dans l'immutabilité de la doctrine, mais au contraire dans sa capacité de se renouveler sans cesse.
Avec Loisy, il estime que les affirmations des théologiens sont loin d'épuiser la doctrine et d'exprimer adéquatement la vérité révélée. S'appuyant sur le "Non potestis portare modo" de Jean 16,12, il est persuadé que "si l'inspiration n'a pas de degrés, (…) la manifestation de la vérité en a certainement" puisque le Christ lui-même a dit à ses apôtres que le Saint-Esprit leur enseignerait des vérités qu'il ne leur avait pas enseignées. Saint Pierre ne connaissait pas tout ce qui est enseigné dans le catéchisme du concile de Trente….

Louis-Pierre Sardella


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de Louis-Pierre Sardella


Intervention de Brigitte Waché, Professeur en Histoire contemporaine, université du Maine (Le Mans-France)
Les relations entre Alfred Loisy et Louis Duchesne


S'il n'est pas nécessaire de présenter Alfred Loisy dans le cadre de ce colloque, il peut être bon de rappeler quelques éléments concernant Louis Duchesne. Né en 1843, ce prêtre, futur prélat, s'est attaché à l'étude des six premiers siècles de l'histoire du christianisme. Son œuvre est fondatrice sur le plan méthodologique, dans la mesure où il joue un rôle essentiel pour asseoir l'histoire de l'Église sur des bases scientifiques, à l'heure précisément où l'histoire s'érige en science. Il tire sa vocation d'historien de la prise de conscience des lacunes de la formation du clergé dans le domaine de l'histoire de l'Église. La découverte des travaux des Bollandistes d'une part, de l'archéologie chrétienne d'autre part, sont décisives pour l'élaboration de sa méthode qui, toujours attentive aux résultats de l'archéologie, se fixe finalement sur le terrain philologique. Cette démarche lui suscite des difficultés. S'il ne peut être compté au rang des modernistes au sens strict du terme , il est entraîné dans les remous de la crise moderniste, comme en témoigne la mise à l'index de son Histoire ancienne de l'histoire de l'Église le 24 janvier 1912.



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de Brigitte Waché


Intervention de CJT Talar, Prêtre diocésain (Diocèse of Bridgeport)
Sources croisées : modernistes de droite, de gauche et du centre

"Définir le modernisme, c'est un acte politique." Ainsi écrit Gabriel Daly. (dans "Theological and philosophical Modernism", Darrell Jodock, ed. Catholicism Contending with Modernity. (Cambridge : Cambridge University Press, 2000), 89). Et c'est vrai. On peut le voir en lisant l'encyclique antimoderniste Pascendi Dominici Gregis.
Mais, écrire une biographie sur un moderniste est aussi un acte politique-parce qu'on définit non seulement le sujet biographique, mais aussi le modernisme. Les observateurs plus équitables soulignent que le courant moderniste-dont Loisy aurait été le père-a rassemblé des personnalités très diverses et que des idées fortes avancées par certaines d'entre elles, semblent triompher aujourd'hui après avoir échoué en leur temps. Pour tenter d'y voir plus clair nous avons pensé qu'il serait bon de comparer les principaux témoignages des acteurs même du courant moderniste.

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de CJT Talar


Intervention de Giacomo Losito, Philosophe italien et chercheur en "Histoire des religions" à la Sorbonne  
Laberthonnière, Loisy et la mort

Dans ce travail nous essaierons d'entrecroiser les regards de deux protagonistes français de la crise moderniste: Alfred Loisy et Lucien Laberthonnière (1860-1932), prêtre de l'Oratoire. Cela nous permettra aussi d'évaluer et de saisir dans une perspective cohérente les jugements avancés dans ses Mémoires par l'Exégète à l'égard de l'Oratorien; car, à une première lecture superficielle, ces jugements peuvent sembler contradictoires.

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de Giacomo Losito


Intervention de Missir de Lusignan
Livio Missir de Lusignan : Historien de l'Empire ottoman, notamment de la Nation latine d'Orient.

En tant que fonctionnaire européen, a participé aux négociations d'adhésion de la Grèce, a dirigé l'action culturelle européenne et présidé le Centre d'information Schuman de la Commission. Son père : Remo Missir (1905-1990), intellectuel smyrniote a entretenu une correspondance avec l'historien italien du christianisme Ernest Buonaiuti (1881-1946) dans laquelle il est souvent question d'Alfred Loisy."
Ce n'est pas sans quelque réticence que j'avais accepté de participer au Colloque international sur Alfred Loisy, organisé par la Société d'études sur cet auteur, les 3 et 4 octobre 2003 à Châlons en Champagne. Et j'avais même proposé de parler d'Alfred Loisy tel qu'il figure (une vingtaine de fois) dans les lettres que l'historien italien du christianisme Ernesto Buonaiuti (1881-1946) adressa à mon père, l'intellectuel smyrniote Remo Missir (1905-1990), entre 1926 et 1946, et qui ont été publiées sous le titre de La vita allo sbaraglio, Lettere a Missir (avec notes et commentaires du professeur Ambrogio Donini) par les Editions de la Nuova Italia, Florence, en 1980 (XII-572 p. ; ill.)."
Début de l'intervention de Livio Missir de Lusignan aux journées Loisy de Châlons en Champagne 3 et 4 octobre 2003

1 - La foi, la science et la miséricorde de Dieu
2 - Présentation Alfred Loisy dans les "Lettere à Missir"
3 - Annexe I : Alfred Loisy dans les "Lettere à Missir" d'Ernesto Buonaiuti : liste des lettres (1927-1943)
4 - Annexe II : Livres de et sur Alfred Loisy de la bibliothèque Remo Missir de Smyrne par ordre de date.


Remo Missir de Lusignan,

père de Livio, qui a entretenu une correspondance avec Ernesto Buonaiuti


Intervention de Gilbert Maheut, Retraité de l'Education Nationale  
Les dernières années d'Alfred Loisy à Ceffonds

En 1982, je me suis intéressé à Alfred Loisy. Je suis allé à Ceffonds voir sa dernière demeure et comme son décès ne datait que de 1940, rechercher si quelques personnes se souvenaient de lui.
J'ai alors appris que son ancienne locataire était encore de ce monde et je suis allé lui rendre visite plusieurs fois dont une en compagnie de Me et M. Poulat. Au cours de nos entretiens auxquels ses filles ont participé j'ai enregistré quatre cassettes qui ont fourni la matière de cette communication.
Seront évoqués la vie d'Alfred Loisy de 1933 à 1940 dans l'intimité de la famille Bonnot, son emploi du temps, les visiteurs, ses relations avec ses contemporains, avec son médecin, ce qu'est devenu son autel personnel, Alfred Loisy dans les publications de la Société académique de Châlons, quelques extraits de son dernier livre : "La crise morale du temps présent".
Ces propos éclairent les dernières années de sa vie et sans doute davantage. Notre Président nous a conseillé de sortir du cadre des spécialistes, cela l'a été d'autant plus aisé que je n'en suis pas un.
REFLEXIONS APRES COLLOQUE
D'abord je dois exprimer ma grande satisfaction d'avoir été admis avec gentillesse parmi ces spécialistes de l'histoire religieuse, moi qui est loin d'en être un. Avec une mention particulière pour M. Poulat, si heureux de me retrouver depuis notre rencontre de 1981.
Il est vrai que mon propos ne risquait pas de piétiner leurs plates-bandes puisque je ne faisais surtout qu'évoquer les conditions de vie d'Alfred LOISY de 1933 à 1940 et nullement de discuter d'exégèse.
Je suis bien incapable de me frotter à leurs connaissances historiques dont l'étendue m'a émerveillé.
LES DERNIERES ANNEES D'ALFRED LOISY A CEFFONDS
Compte rendu des enregistrements sur magnétophone effectués chez Madame Bonnot le 21 août 1981 et le 18 septembre 1981 en présence de M. Poulat à Sommeville (Haute Marne).
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enregistré sur magnétophone


Conclusion du colloque par Emile Poulat
dont l'oeuvre "Histoire, dogme et critique dans la crise moderniste", Paris, Albin Michel est une référence majeure pour comprendre la crise moderniste.

Compte rendu en italien du colloque "Histoire et vérité: Alfred Loisy à l'épreuve du temps" paru dans la revue italienne Il tetto,n. 239-240, janv.-avr. 2004,pp95-100 par Giacomo Losito

un convegno su Alfred Loisy : Il tetto,n. 239-240, janv.-avr. 2004,pp95-100
Il 3 e 4 ottobre 2003, ricorrendo il centenario della messa all'Indice delle opere più note del grande esegeta modernista, si è tenuto un convegno a Châlons-en-Champagne - sua patria e ultimo rifugio terreno -, organizzato dalla "Société internationale d'études sur Alfred Loisy", a cui sono convenuti studiosi da Italia, Belgio, Svizzera, U.S.A., oltre che dalla Francia. Terzo di un ciclo di incontri internazionali dedicati nel 2003 alla figura dell'esegeta biblico, il convegno era intitolato: "Histoire et vérité: Alfred Loisy à l'épreuve du temps".

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en italien
Un convegno su Alfred Loisy




Autour d'un petit livre: Alfred Loisy, cent ans plus tard
Ecole pratique des hautes études - sous le patronage du Collège de France
Institut européen en sciences des religions
23, 24 mai 2003

Bibliothèque de l'Ecole des Hautes Etudes, Sciences Religieuses
BEHE 131
Autour d'un petit livre. Alfred Loisy, cent ans après
Actes du colloque international tenu à Paris, les 23-24 mai 2003

F. Laplanche, I. Biagioli, C. Langlois (éds.)

351 p., 155 x 240 mm, 2007, Paperback
ISBN 978-2-503-52342-2, EUR 45.00

Disponible/Available

French Text:
Le centenaire de la mise à l'Index du livre le plus célèbre d'Alfred Loisy, L'Évangile et l'Église, a entraîné en France un certain nombre de commémorations. Le colloque réuni au Collège de France et à la Sorbonne les 23 et 24 mai 2003 a voulu mesurer, en reprenant un titre de l'auteur, quelles ondes s'étaient propagées "autour d'un petit livre", et dire comment l'actualité de Loisy tient moins à la nouveauté de son exégèse qu'au mouvement spéculatif, toujours vivant, qui est issu de la prise en compte de l'histoire par la théologie chrétienne. La visée de ce colloque fut d'abord de replacer Loisy en son temps, ce qui impliquait de situer ses prises de position par rapport à l'évolution de l'herméneutique protestante au XIXe siècle (F. Laplanche), à la philosophie de l'action développée par Blondel dans le climat du néo-kantisme français (R. Ciappa), aux normes de l'orthodoxie catholique régissant l'exégèse de la Bible (F. Beretta et C. Arnold).

Après avoir consacré plusieurs années à l'histoire des religions, Loisy revient à l'exégèse du Nouveau Testament et à l'histoire des origines chrétiennes. Plusieurs communications se sont proposé de condenser le bilan de cet apport, en examinant quelques thèmes majeurs de l'œuvre de Loisy : son étude du sacrifice, le rite religieux par excellence (R. Koch-Piettre) ; sa vision de l'histoire d'Israël et du milieu juif au temps de Jésus (A. Sérandour et A. Lemaire) ; enfin le volume de synthèse dans lequel il résume sa conception de la naissance du christianisme (S. Mimouni). Replacer Loisy en son temps, c'était aussi porter attention à ses contemporains. Le colloque a évoqué un certain nombre de personnages liés à Loisy et la réception de son œuvre hors de France : Georges Goyau (J. Grondeux), Mgr Lacroix (Ch. Sorrel), Mgr Mignot (L.-P. Sardella), Guillaume Pouget (E. Antonello), Ernesto Buonaiuti (R. Cerrato), Franz Cumont (C. Bonnet), Maude Petre (I. Biagioli), l'Allemagne (O. Weiss), l'Espagne (A. Botti). Marquée par son temps, l'œuvre de Loisy en dépasse pourtant les limites et l'onde de choc qu'elle a produite voici un siècle est venue jusqu'à nous. L'exploration de cette question a été conduite par P. Colin, P. Gibert, B. Montagnes, Ch. Theobald. L'ouverture (É. Goichot) et les conclusions (É. Poulat) s'offrent comme un "panoramique" sur le "cas Loisy".


























 
Autour d'un petit livre. Alfred Loisy cent ans après,
Actes du colloque international tenu à Paris, les 23-24 mai 2003,
sous la dir. de François Laplanche, Ilaria Biagioli et Claude Langlois, Turnhout (Belgique), Brepols, 2007, 348 p., 47,47 €.

Recension de l'ouvrage "Autour d'un petit livre" par Giacomo Losito pour la "Revue de l'histoire des religions"

http://rhr.revues.org


Ce volume recueille les actes d'un colloque dont il faut savoir gré à Émile Goichot, Claude Langlois et François Laplanche de l'avoir organisé en mettant à contribution les meilleurs spécialistes allemands, suisses et italiens de la crise moderniste, à côté des historiens français de longue date (Pierre Colin, Bernard Montagnes et le doyen des études de modernistica, Émile Poulat), des spécialistes des sciences religieuses de l'École Pratique des Hautes Études, des théologiens du Centre Sèvres et des chercheurs de l'Hexagone nous ayant livré les derniers grands travaux en la matière : Jérôme Grondeux, Louis-Pierre Sardella et Christian Sorrel. Ce panoptique de l'approche savante du cas Loisy - figure éponyme de la crise moderniste, dont l'œuvre "nous place devant des questions fondamentales pour la pensée catholique aussi bien que pour nos sciences humaines" (Poulat) - montre bien le niveau atteint par les études en la matière ; car ces dernières ont désormais dépassé l'état de la prise de parole engagée (justificatrice de la répression romaine ou prônant au contraire le procès en révision de l'affaire Loisy au Vatican) et cela quelles que soient les différentes subjectivités des spécialistes et leurs préférences personnelles. Loisy se trouve ainsi mis en perspective, au sein de la vague de rénovation des études exégétiques, historiques et anthropologiques qui, dès le XIXe siècle, déferla sur le savoir serein de l'origine, encore régnant en catholicité, malgré les secousses déjà portées par Richard Simon et par les bollandistes. La stigmatisation romaine des œuvres et de la personne de Loisy fut aussi le point culminant d'un plus vaste procès, que ce volume aide à percevoir en explorant les rapports entre l'œuvre de l'exégète français, la pensée religieuse protestante du XIXe (Laplanche) - avec laquelle il entra en une loyale compétition - et les positions de certains parmi ses contemporains. La moisson des renseignements apportés est imposante et il n'est pas possible de rendre compte ici de tous les aspects traités dans ce volume ; nous ne pourrons que proposer un point de vue particulier sur le cas Loisy, suscité par la richesse du matériel recueilli, parfois inédit, comme les extraits cités par F. Laplanche du grand manuscrit conservé à la BnF, dont Loisy tirera les articles signés Firmin et son livre L'Évangile et l'Église, parfois plus radical dans ses conclusions que sa source manuscrite.

Assurément, notre temps n'est plus celui des "cendres encore brûlantes", voire du silence des bouches cousues constaté par É. Poulat au début de son travail de pionnier. C'est que l'État laïque avait eu tendance à réduire l'affaire à une banale "querelle de curés", tandis qu'à l'opposé l'Église romaine ne voulait la considérer que comme "modeste rhume des foins" du catholicisme contemporain. Or le lecteur de cet ouvrage sera vite convaincu qu'il s'agit bien de l'une des crises majeures de notre histoire.

En effet, pour comprendre la valeur historique de l'athéisme méthodologique, résultant de l'affirmation de l'autonomie des sciences religieuses vis-à-vis de la théologie, qui fut la devise épistémologique de Loisy dans ses travaux, il suffira de constater l'admiration soulevée par cette attitude en Allemagne, même auprès des savants protestants ses contemporains les plus importants (Troeltsch), attestée aussi par la Modernismusforschung et, dans ce volume, par un de ses représentants les plus éminents: Otto Weiss. Par ailleurs, l'importance de l'œuvre de Loisy pour le lent travail de mise à jour des sciences religieuses en Italie a été documentée par Rocco Cerrato, grâce à sa reconstruction des difficiles relations entre Loisy et l'un des chefs de file du modernisme italien, Ernesto Buonaiuti, qui joua un grand rôle dans le développement des sciences religieuses de la Péninsule. Même dans le contexte catholique hispanique, pourtant assez réfractaire, Alfonso Botti nous rappelle que L'Évangile et l'Église fut le seul texte de la mouvance moderniste avec le roman (de l'Italien Fogazzaro) Il Santo à avoir mérité une traduction (1910) et que le cardinal Vivès y Tutò intervint publiquement dans le but d'immuniser l'opinion catholique contre la dangereuse influence de Loisy.

Cela n'étonne donc pas que l'affaire engageât à Rome des personnalités de différentes nationalités, comme le montre un autre spécialiste allemand, Claus Arnold, auquel le public francophone doit aussi de pouvoir découvrir les complexes manœuvres dont les œuvres de Loisy firent l'objet aux congrégations de l'Index et du Saint-Office, où tout le monde ne manifestait pas cependant le même esprit étroit (voir les cas de Fleming, Lepidi et surtout Gismondi). Assurément, comme le montre Francesco Beretta, longtemps l'élite faisant l'orthodoxie en catholicité ne fut pas en mesure de comprendre la nécessité de faire place dans sa boîte à outils intellectuels aux exigences manifestées, sinon par Loisy, au moins par les représentants de l'exégèse, de l'histoire et de la pensée philosophique catholiques progressistes. À ce propos, les relations, souvent critiques, entretenues avec Loisy et son œuvre par Lagrange, Mgr Mignot, le lazariste Pouget, le jésuite Prat, Goyau et Blondel ont été à la fois documentées et analysées par B. Montagnes, L.-P. Sardella, Erminio Antonello, Pierre Gibert, J. Grondeux et Rosanna Ciappa. À eux le mérite de n'avoir pas non plus manqué, à l'occasion, de signaler les thèses de Loisy apparaissant encore aujourd'hui plus plausibles que celles de ses critiques catholiques à l'esprit ouvert. C'est notamment le cas de l'affirmation du caractère stratifié du livre des Actes des Apôtres, qu'en 1923 le P. Prat se refusait d'admettre et qui est désormais un présupposé acquis pour tous les exégètes contemporains, ou du refus de Loisy de subordonner l'histoire critique à l'histoire sacrée, comme le prônait Blondel dans sa conception de la tradition vivante (même si, à ce sujet, il y a peut-être encore quelques savants, y compris parmi les collaborateurs du présent volume, qui ne cautionneraient pas ce jugement).

Une évaluation également documentée et équilibrée de l'actualité des études de Loisy en matière d'exégèse néo-testamentaire, de méthode historique (fusionnant, fût-ce d'une façon encore très rudimentaire, l'exégèse textuelle et les résultats des sciences auxiliaires), d'histoire du judaïsme et des origines chrétiennes se trouve dans les contributions respectives de Frédéric Amsler, Arnaud Sérandour, André Lemaire et Simon Mimouni.
Ce dernier a justement remarqué la difficulté pour Loisy de prendre la mesure du rôle joué par Paul dans l'histoire du christianisme et sa sous-évaluation du judaïsme chrétien, que les découvertes successives auront très probablement aidé à reconsidérer. Il nous paraît toutefois excessif de faire grief à Loisy d'un préjugé anti-judaïque : les deux "petits livres" rouges de Loisy, insistant sur le caractère juif de la mentalité de Jésus, se démarquent des passions soulevées au même moment (1902 et 1903) par l'affaire Dreyfus, à une époque où Charles Maurras exaltait un catholicisme païen et anti-chrétien (à savoir… anti-juif) ; Loisy offrit en outre une lecture originale et positive du judaïsme sacerdotal d'après l'exil babylonien (Sérandour). Mais il est clair, comme l'expliquent d'autres contributions (Laplanche, Koch-Piettre), que le Nazaréen et le christianisme représentèrent toujours pour lui le tournant le plus important du procès de l'histoire spirituelle de l'humanité qu'il crut découvrir à travers son étude des faits, poursuivi à la loupe d'une pensée influencée par la philosophie de l'histoire des idéalistes allemands. Christoph Theobald souligne à juste titre en conclusion de sa riche étude de l'œuvre "catholique" de Loisy, à la lumière des développements de la théologie de la Révélation de Vatican I à aujourd'hui, que ce dernier "a perçu et tenté de penser pendant sa période catholique le scandale de la singularité chrétienne, inscrit dans la chair de l'histoire." Renée Koch-Piettre et P. Colin nous livrent le sens de l'œuvre de Loisy après sa sortie de catholicité, lorsqu'il devint l'historien des religions du Collège de France, ou mieux, un historien de la vraie religion, c'est-à-dire la morale, une religion libérée de l'orthodoxie de la croyance ; cela fut une attitude appréciée par son collègue belge Franz Cumont, mais aussi par des modernistes, également excommuniés, mais demeurés plus soucieux que Loisy de la destinée du christianisme, reconnaissant encore dans l'historien français leur "maître " (Buonaiuti) ou capables d'affirmer que même "son œuvre tardive exprime le type le plus profond de la prêtrise catholique ", comme le fit Miss Petre (v. les conclusions de Biagioli).

Certainement la perspective de Loisy historien des religions nous plonge en plein XIXe siècle et n'est plus praticable par les sciences religieuses contemporaines, bien qu'une théologie vraiment soucieuse de sa vocation œcuménique puisse peut-être encore en profiter. Ce sont là des données qui cadrent parfaitement avec la thèse de F. Laplanche saisissant le "néo-catholicisme " comme un caractère fondamental de l'œuvre de Loisy. Car, contre l'individualisme des protestants libéraux, il refusait d'opposer la valeur de l'Écriture, telle qu'elle s'offre à la lecture du sujet, aux acquis cumulés par la Tradition; tout en insistant - au grand scandale des tenants de l'orthodoxie catholique sous Pie X - sur l'ineffabilité du rapport entre l'homme et Dieu, dont les différents symboles religieux n'arrivent jamais à épuiser l'infinie profondeur. Pourtant, si ce type de théisme agnostique rend finalement irrecevable le modèle d'histoire des religions pratiqué par Loisy, en en compromettant l'athéisme de méthode, Laplanche fait justement remarquer que du point de vue de la conscience épistémologique Loisy ne fut pas aussi naïf qu'on a pu le croire ; car, ne serait-ce qu'à un degré encore embryonnaire, il avait conscience du poids de la subjectivité intervenant dans le travail de compréhension de l'historien.
Si, comme le montrent les contributions déjà citées de R. Koch-Piettre et P. Colin, l'expérience du carnage de la Première Guerre mondiale fut un tournant autant et voire plus marquant que l'excommunication pour l'évolution de la pensée de Loisy, il ne nous reste qu'à souhaiter la parution du travail que lui a consacré Elisabeth Scheele ; la synthèse complète devrait en être accessible, ainsi que celle des autres contributions au colloque organisé en 2003 par la Société internationale d'études sur Alfred Loisy, sur le site Internet de cette dernière, tout comme les actes du colloque consacré cette même année 2003 à Loisy par l'Institut catholique de Paris. Le centenaire de l'excommunication devrait, en 2008, être l'occasion de nouvelles parutions : les actes du dossier romain de la mise à l'Index de Loisy, en 1903, préparant le décret Lamentabili, en 1907 ; ainsi que la publication du grand manuscrit de Loisy conservé à la BnF, signalé plus haut.

Enfin le volume indique quelques pistes que les chercheurs seront bien inspirés d'explorer : les contributions de F. Laplanche, E. Antonello et A. Botti indiquent la nécessité d'une étude sur les Annales de philosophie chrétienne, une revue qui fut autour de 1900 une importante tribune française du renouveau de la pensée catholique. De nouvelles mises au point s'imposent également sur les relations entre Loisy et von Hügel, comme entre Loisy et Desjardins (on attend d'ailleurs la publication du colloque organisé en 2006 par François Chaubet sur Pontigny et le modernisme). Il convient de rappeler combien de sources considérables pour les historiens de la crise moderniste (et de son long sillage de ruines) attendent de pouvoir être à plein exploitées. Pour n'en citer qu'une, le grand Fonds Laberthonnière, en libre consultation dès 2007, mais nécessitant encore un classement rigoureux et cela même au dépit de plusieurs appels à chercheurs, généreusement répétés par la BnF.

Giacomo Losito
à paraître dans la "Revue de l'histoire des religions "


Télécharger l'intégralité de la recension par G.Losito
 

Séance académique
Institut Catholique de Paris
22 mai 2003
Lire les textes de Loisy cent ans plus tard
 
Extraits de

L'Evangile et l'Eglise (Picard, 1902; reproduction d'après l'édition de G. Mordillat, J. Prieur, Noesis, 2001)

Le Quatrième Evangile (Picard, 1903)

Jésus et la tradition évangélique (Nourry, 1910; reproduction d'après l'édition de G. Mordillat, J. Prieur, Noesis, 2001)
 


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Dernière modification : 06.01.2017